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            Non je ne compte pas parler d'outil de jardinage servant à ratisser le jardin ou à taper sur ta mère, je vais parler de ces autres râteaux que l'on peut, comme ta mère, aussi se prendre dans la tronche mais fictivement. Et qui font parfois tout aussi mal à votre petit cœur. Oui, voilà, les râteaux ou encore: les vestes, les gros vents, les bides sentimentaux et tout autre rejet venant d'un être aimé ou tout du moins follement désiré.

            Que celui qui ne s'est jamais pris un bon vieux râteau dans la tronche avoue que c'est juste parce qu'il est célibataire depuis toujours! On a tous, à différents paliers, essuyé cet échec foudroyant. Et ça piquouille un peu, ça fait un petit pincement à l'égo ou un gros uppercut au cœur. Et on pleure. Comme des gros nazes faibles et nuls que vous êtes.

            Voici pour vous remémorer ces doux moments empreint d'héroïsme de votre part, la liste de différents râteaux que l'on peut se manger:

 

-          Le râteau cash: Bon bhen c'est celui qu'on aime le moins –si tant est qu'on puisse dire qu'on apprécie ce genre de situation- mais c'est le plus efficace. C'est le coup du lapin: BIM, c'est bien placé, tu ne peux rien y faire et ça t'explose ton petit cœur tout mou. "ça fait un moment que je me dis qu'entre nous, y'a un truc en plus et…" Tentative de baiser. Tentative avortée par un mouvement de recul de la personne convoitée et regard effaré "heu nan, je crois que tu as mal interprété. Je ne suis PAS DU TOUT intéressé(e) par toi!"  "Ha. Ok. D'accord. Bon. Je croyais..."

 

-          Le râteau de soirée: Ce qu'il y a de bien avec ce râteau là, c'est que tu es bien souvent bourré quand tu le tentes et que tu t'en souviens donc rarement le lendemain. Au mieux, l'être désiré était aussi bien imbibé et ne s'en souviendra pas vraiment non plus. "Hé Styveun, viens danser avec moi, allez, viens….allez!"  La personne saoule comme un cochon insiste lourdement, colle Styveun autant qu'elle le peut, ne voyant absolument pas que le Styveun en question est extrêmement mal à l'aise et essaie de fuir. (Et on constate que l'effet de l'alcool nous empêche d'être conscient que l'individu à un prénom de mauvais goût mais, ça, c'est un autre débat.) Dans un dernier effort vain de la technique dite "la glue", Styveun repousse violemment la gente demoiselle en lui sommant d'arrêter immédiatement son manège "'Azy mais lâche moi sérieux….tu me gaves trop, t'sais. T'es trop une teu-pu ou quoi?" Ouais désolée, le prénom Styveun me donne envie de le faire passer pour un gros con vulgaire.

-          Le râteau intermédiaire: Bhen c'est quand t'as 15 ans, un appareil dentaire, de l'acné et des Vans et que tu es "trop en kiffe sur Julie la bombasse de Première ES1" mais que tu es un redoublant, que tu es insignifiant aux yeux de l'élite du lycée mais que tu connais un voisin vite fait qui fait partie de la bande et que tu lui demandes d'aller voir Julie pour lui poser la fameuse question "hé Julie, t'es célib'? ça te dit de sortir avec mon pote Gwendal, là-bas?" La belle (mais grosse connasse!) Julie ne prend même pas la peine de jeter un regard vers le pauvre Gwendal, elle sait déjà qu'il fait parti des anonymes inintéressants du lycée, elle, elle veut se taper "Brian l'étudiant américain qui vient en soutien pendant le cours d'anglais de Mme. Quackers." Et c'est donc, un peu embêté –mais peu étonné- que le pote-voisin revient vers notre Gwendal à Vans pour l'informer de la triste décision de Julie. Premier émoi, premier chagrin d'amour. Un an plus tard, il deviendra guitariste et en fera une chanson. (cf article précédent: les guitaristes de soirée)

-          Le râteau avant même qu'on ait demandé: "Ha nan mais jamais je me taperais Clarisse, laisse tomber. C'est un cageot la meuf, elle est marrante mais putain elle est pas band….Hey Salut Clarisse, qu'est-ce que tu fais là?" Mine déconfite de Clarisse. Larmes qui montent aux yeux. La déclaration d'amour sur papier dans sa poche qu'elle commence à déchirer. "Hein, heu, je venais te rendre…heu…les 3 euros 50 que je te devais…tu te souviens?" Ouais, il fait mal celui-là, surtout dit comme ça. J'y ai été un peu fort sur la pauvre Clarisse, "le râteau avant même qu'on ait demandé" peut être plus soft. Cela dit quand on le mange dans la tronche avant d'avoir posé la question, ça fait quand même toujours un peu plus mal. Aïe!

-          Le râteau amical: C'est quand tu te mets à tomber amoureux d'un(e) de tes potes. Bon déjà, c'est chelou parce que c'est une personne qui a toujours été un néant sexuel à tes yeux et soudainement tu pourrais éventuellement imaginer partager une capote ensemble. C'est délicat, tes sentiments s'emballent, tu ne sais pas, tu ne sais plus, tu te mets à écouter du Grégoire et à faire du taï-chi et finalement, tu te lances. Et c'est manqué. "Sophie, tu sais…ça fait un moment que bhen…je me rends compte que je t'apprécie un peu plus que comme une amie. Que j'ai plus trop envie d'écouter tes histoires de cul de soirée mais d'en faire parti, tu comprends?" "Nan, pas trop. C'est même très malsain j'ai comme l'impression que tu me proposes de faire une partouze?!" Bon, parfois on s'y prend encore plus mal avec les gens qu'on connait bien. "Non, j'aimerais bien qu'on se mette ensemble." Le gros blanc intersidéral intergalactique le plus vide de tout l'univers. Et à lui seul, il te fait manger  le râteau et la veste en même temps, te rhabiller pour l'hiver et t'équiper pour jardiner en famille. "C'est une blague, là, Jérem'?" Oui, oui Jérem' dis lui que c'était une blague…

-          Le râteau à retardement: C'est quand tu es avec une personne depuis un jour et demi qu'au bout d'un jour et demi: "En fait, je suis désolé(e) mais je me rends compte que nan. Nan, finalement, je préfère pas qu'on se mette ensemble." Ha bhen oui tu as raison, il faut tester avant de se décider, hein.

-          Le râteau gentil: Du moins, la personne essaie d'être gentille pour te le faire comprendre. "C'est pas que tu m'intéresses pas…tu es adorable. Tu es drôle. Tu es chouchou…tu as vraiment pleins de qualités et je suis sûre que pleins de filles rêvent d'être avec toi. Mais moi, je ne peux pas, je......je suis trop concentrée sur mes études!" En gros: "Nan désolée t'es moche." Voilà, il faut le dire. Oui il est rigolo, sympa et tout et tout mais tu ne te le taperais pas pour un sesterce parce que son faciès te répugne. Mais c'est bien d'être gentil, il aura le cœur brisé, il va pas comprendre pourquoi tu veux pas de lui alors que tu lui trouves toutes ces qualités. Et il va être amoureux de toi jusqu'à ses 30 ans. Bravo le veau!

En bonus:

-          Le râteau par texto:

Kassandrine

"slt! Voilà, enfèt fo ke je te diz un truk.

Ça fé lgtps que je t'm bien et si T ok,

ce seré pa mal kon sorte ensemble."

 

Brandonino

"Heu, nan, tro pa.

Je sors dja avec ta soeur."

 

Râteau&veste-ment vôtre